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 » Georges Méliès mis à l’honneur dans Hugo Cabret
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Georges Méliès mis à l’honneur dans Hugo Cabret

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(Contenu de l’article : Biographie de Georges Méliès, photos personnelles et de films, films de Méliès. Bande annonce, film et synopsis d’Hugo Cabret)

 

Georges Méliès,

né Marie Georges Jean Méliès le 8 décembre 1861 et mort le 21 janvier 1938, est un réalisateur de films français.

Il est considéré comme l’un des principaux créateurs des truquages et des effets spéciaux (arrêt de caméra, surimpression, fondus, grossissements et rapetissements de personnages).

Il a fait construire le premier studio de cinéma en France.

 

Hugo Cabret

Hugo Cabret (Hugo) est un film d’aventure fantastique américain en trois dimensions produit et réalisé par Martin Scorsese, sorti en 2011.

Écrit par John Logan, c’est l’adaptation cinématographique du roman pour enfants L’Invention de Hugo Cabret de Brian Selznick. Le film met en scène Asa Butterfield dans le rôle d’Hugo Cabret, Chloë Moretz dans celui d’Isabelle, Ben Kingsley en Georges Méliès et Sacha Baron Cohen en inspecteur de gare.

Distribué par Paramount Pictures, ce film est sorti le 23 novembre 2011 aux États-Unis. En France, il est sorti le 14 décembre 2011, distribué par Metropolitan FilmExport.

Le film est présenté en avant-première lors de la 6e édition du Festival international du film de Rome en octobre 2011

Synopsis

Paris, au tournant des années 1930. Hugo Cabret, 13 ans, vient de perdre son père, horloger, et se retrouve orphelin. Alors qu’il vit dans une gare2, le jeune garçon tente de réparer l’automate mécanique que son père cherchait à restaurer avant sa mort. N’hésitant pas à l’occasion à voler viennoiseries ou petits objets, il est pris en flagrant délit par un vieux monsieur tenant une boutique de jouets, qui lui confisque son carnet de croquis. Ce marchand n’est autre que le fameux Georges Méliès, auteur de nombreux films féériques, mais qui fut ruiné à la fin de sa vie.

Pour voir Hugo Cabret en HD, cliquez sur ce lien : http://www.hd-stream.in/hugo-cabret-streaming.php?affid=243 ou sur la photo :) Pour voir Hugo Cabret en HD, cliquez sur ce lien : http://www.hd-stream.in/hugo-cabret-streaming.php?affid=243 ou sur la photo 🙂

(NB: je ne fais que relayer des liens vers des films que de tierces personnes ont posté  sur le net, des vidéos hébergées par des sites publics. Je n’upload pas ses films. La loi certifie le droit à tout client de pouvoir visionner une œuvre cuirassé par copyright, si celui-ci possède l’original.)

Biographie de Georges Méliès :

Jeunesse : 

Georges Méliès est né à Paris au no 45 boulevard Saint-Martin, dans le 3e arrondissement (acte de naissance no 2517 du 08/12/1861), dans une famille de fabricants de chaussures de luxe.

Il fait ses études au lycée Impérial de Vanves, puis au lycée Louis-le-Grand en compagnie de Maurice Donnay.

En 1881, il fait son service militaire à Blois, la patrie du prestidigitateur Robert-Houdin.

Certains auteurs parlent de ses visites à Saint-Gervais-la-Forêt près de Blois, dans la propriété « Le Prieuré » de Robert-Houdin, sans que ces visites soient attestées.

Alors qu’il veut devenir peintre, il travaille un temps dans l’entreprise de son père Jean Louis Stanisla Méliès (il y apprend notamment le métier de mécanicien qui lui est très utile ensuite dans sa carrière), qui l’envoie à Londres en Angleterre en 1883 pour y perfectionner son anglais chez un de ses amis, propriétaire d’un grand magasin londonien de confection : il y est vendeur au rayon des fournitures pour corsets et en profite pour y apprendre la prestidigitation, notamment à l’Egyptian Hall dirigé par John Nevil Maskelyne, où se produit le célèbre illusionniste David Devant qui l’initie à son art, Méliès lui réalisant des décors en échange.


Georges Méliès : Le voyage dans la lune (1902)


Georges Méliès : Le voyage dans la lune (1902) version colorisée et restaurée.

Débuts dans la prestidigitation : 

De retour à Paris en 1885, il épouse Eugénie Genin (pianiste accomplie d’origine hollandaise, amie de la famille de sa mère qui lui apporte une belle dot), présente quelques numéros de magie dans des brasseries, à la galerie Vivienne et au cabinet fantastique du musée Grévin tout en étant journaliste et caricaturiste, sous le pseudonyme « Géo Smile », dans le journal satirique et antiboulangiste La Griffe, dont son cousin Adolphe Méliès est le rédacteur en chef.

Automate du Film Hugo Cabret

Puis, il vend ses parts dans l’entreprise familiale à un de ses frères pour 500 000 francs afin de racheter en 1888 au 8, boulevard des Italiens le théâtre Robert-Houdin à la veuve d’Émile Robert-Houdin (pour 47 000 francs il récupère notamment le matériel des Soirées Fantastiques, dont une dizaine d’automates construits par Robert-Houdin), dont il devient le directeur.

Il y monte des spectacles de prestidigitation et de « grandes illusions » qu’il présente avec ses magiciens dont Duperrey, Raynaly, Harmington, Jacobs, Okita, Henry’s, Arnould, Carmelli, Foletto, Albany (Coussinet), D’Alvarès, Legris, Maurier et ses opérateurs de scène Marius et Jeanne d’Alcy.

Ces spectacles se clôturant par des projections de photographies peintes sur verre connaissent rapidement le succès grâce à l’inventivité, la poésie et le sens de l’esthétique de Méliès, notamment la collection d’automates raffinés aux gestes plus vrais que nature.

En 1891, il crée l’Académie de Prestidigitation, qui se transforme en 1893 en Syndicat des Illusionnistes de France et en 1904 en Chambre syndicale de la prestidigitation, afin de légitimer la présence des magiciens ambulants assimilés à des romanichels par la police. Il en fut le président pendant une trentaine d’années.

Découverte du cinéma : 

Invité à la première projection publique du Cinématographe des frères Lumière le 28 décembre 1895, au sous-sol du Salon indien du Grand Café, boulevard des Capucines à Paris, Georges Méliès comprend tout de suite ce qu’il peut faire avec une telle machine et propose d’acheter les brevets des frères Lumière.

20000 lieues sous les mers – Georges Méliès

Leur père, Antoine Lumière, ou l’un des frères, selon les versions et des souvenirs lointains recueillis le plus souvent auprès de vieillards, l’un des trois en tout cas tente de l’en dissuader : « Remerciez-moi, je vous évite la ruine, car cet appareil, simple curiosité scientifique, n’a aucun avenir commercial ! ».

Cet avis pessimiste sur l’avenir du cinéma est néanmoins corroboré par les souvenirs plus proches de l’un des opérateurs Lumière, Félix Mesguich, qui raconte comment Louis Lumière lui présenta son embauche en 1896 «Je ne vous offre pas un emploi d’avenir, mais plutôt un travail de forain. Ça durera un an ou deux, peut-être plus, peut-être moins. Le cinéma n’a aucun avenir commercial».

En repoussant l’offre de Georges Méliès, les frères Lumière voulaient-ils simplement écarter un concurrent potentiel ? Pour leur part, ils vont envoyer des opérateurs dans toutes les parties du monde pour rapporter des images dans leurs salles.

Mais Georges Méliès est têtu : il achète le procédé de l’Isolatograph des Frères Isola et le projecteur Theatograph commercialisé à Londres par son ami, l’opticien et premier réalisateur de films anglais Robert William Paul.

Les Quatre cents farces du diable – Georges Méliès

Il fonde sa propre société de production, la Star Film – sans imaginer l’impact universel que ces mots allaient provoquer – et, dès le 5 avril 1896, il projette dans son théâtre des films inspirés – et même copiés, c’est la coutume à l’époque ! – par les films des frères Lumière (scènes de villes et de champs).

Films de fiction :

Afin de renouveler l’intérêt de son public, Méliès a l’idée de tourner non plus des scènes de la vie quotidienne, mais de courtes fictions, ainsi que les frères Lumière l’ont déjà fait avec leur Arroseur arrosé.

Un incident de prise de vues lui en aurait fourni une idée nouvelle : alors qu’il filmait un omnibus, la manivelle de sa machine se serait bloquée, le temps de réussir à la faire redémarrer, quelques instants se seraient écoulés.

20 000 lieux sous les mers (1907)

Méliès aurait visionné le résultat : l’omnibus s’était transformé subitement en corbillard. Méliès aurait ce jour-là compris la richesse d’un tel incident, en décidant de le provoquer volontairement pour obtenir des effets étonnants, fantastiques, ou comiques. Anecdote véritable, ou belle histoire enjolivée d’un spécialiste du récit merveilleux ?


Ci-dessus une Playlist de films de Georges Méliès. disponible aussi à cette adresse : https://youtu.be/nXbjYaXVVqM?list=PL0AF02C8E6F4DA958

Une chose est certaine, Georges Méliès décide alors d’exploiter le « cinéma dans sa voie théâtrale spectaculaire », et de faire de ce trucage son fonds de commerce, bientôt imité par beaucoup de cinéastes européens et américains. Sa première utilisation de ce procédé s’intitule Escamotage d’une dame au théâtre Robert Houdin, et date de 1896.

En 1897, il crée dans sa propriété de Montreuil le premier studio de cinéma en France, un studio de 17 mètres sur 66, sa toiture vitrée à 6 mètres du sol dominant la scène, la fosse et la machinerie théâtral. Il y filme ses acteurs (amateurs recrutés dans la rue, artistes de music-hall, danseuses du Châtelet et souvent des proches ou lui-même) devant des décors peints, inspirés par les spectacles de magie de son théâtre, ce qui lui vaut le surnom de «mage de Montreuil».

Il filme également, faute de pouvoir être sur place, des « actualités reconstituées » en studio (son chef-d’œuvre étant Le Couronnement (ou sacre) du roi Édouard VII présenté à la cour du Royaume-Uni en 1902).

Il développe aussi un atelier de coloriage manuel de ses films, procédé largement inspiré de ce qui se fait déjà pour la colorisation de photos en noir et blanc. Il se fait ainsi tour à tour producteur, réalisateur, scénariste, décorateur, machiniste et acteur.

Problèmes de contrefaçons :

De 1896 à 1914, Georges Méliès réalise près de six cents « voyages à travers l’impossible », autant de petits films enchanteurs, mystérieux, naïfs, à la beauté poétique, aujourd’hui parfois surannée. Courts métrages de quelques minutes projetés dans des foires et vus comme une simple évolution de la lanterne magique. Son premier film important, l’Affaire Dreyfus (1899), est une reconstitution de 10 minutes qui témoigne de son intérêt pour le réalisme politique.

L’ Affaire Dreyfus – Georges Méliès

Son Voyage dans la Lune (1902), chef-d’œuvre d’illusions photographiques et d’innovations techniques, « long métrage » de 16 minutes, remporte un franc succès au point d’être recherché pour une diffusion aux États-Unis.

L’historien américain Charles Musser affirme : « Le cinéaste majeur des toutes premières années du nouveau siècle (ndlr : XXe siècle) est sans conteste le Parisien Georges Méliès, dont les films ont tous été piratés par les plus grandes sociétés de production américaines».

L’installation de son frère Gaston à New York dès 1903, ouvrant une succursale de la Star Film, destinée à organiser et contrôler la diffusion, fait apparaître que le piratage, non seulement des films de Méliès, mais aussi de ceux de ses amis anglais, est généralisé à tous les niveaux. Toujours selon Musser, la Biograph Company, l’une des plus puissantes sociétés de production de New York, a acheté et payé à Méliès tout un lot de copies de la Star Film, mais elle en a aussitôt tiré des duplicatas hors contrat, qu’elle a revendus à son profit. L’Edison Manufacturing Company, elle, a acheté des copies dont elle a négligé de contrôler l’origine, mais qui s’avèrent être toutes des copies piratées. Gaston fait paraître un avis dans la presse américaine, un texte signé Georges Méliès : « Nous sommes prêts et déterminés à poursuivre énergiquement tout contrefacteur ou pirate. Nous ne préviendrons pas, nous agirons sans délai».

Mais de son côte, Edison, depuis déjà plusieurs années, mène des actions judiciaires contre les encore plus nombreux contrefacteurs à la fois de ses propres films, et de ses inventions. Son appareil de visionnement, le Kinétoscope, a été piraté dans le monde entier, Edison n’ayant breveté l’appareil que sur le territoire américain, ce qu’il se reprochera amèrement plus tard. En revanche, il a protégé par des brevets internationaux le type de perforations rectangulaires, à raison de quatre perforations (sprockets en anglais) par photogramme, qui constituent le film 35 mm tel que nous le connaissons encore aujourd’hui. L’historien français Georges Sadoul note que « Edison fit accomplir au cinéma une étape décisive en créant le film moderne de 35 mm, à quatre paires de perforations par image». Les frères Lumière, en industriels avisés, ont dessiné leur pellicule à raison d’une seule paire de perforations rondes, configuration totalement différente de la pellicule Edison, ainsi que l’on peut le constater sur le site de l’Institut Lumière.

Or, Georges Méliès, lui, n’est pas un commercial, selon son aveu même : « En ce qui me concerne, ne croyez pas que je me considère rabaissé en m’entendant traité dédaigneusement d’artiste, car si vous, commerçants (et rien d’autres, donc incapables de produire des vues de composition), vous n’aviez pas des artistes pour les faire, je me demande ce que vous pourriez vendre», il commet l’imprudence de perforer ses films selon le standard Edison, car les films piratés de l’Edison Manufacturing Company, qui accompagnent le piratage du Kinétoscope en Europe, sont bien entendu piratés selon ce standard, et Méliès tient à ce que ses propres films puissent être vus sur les Kinétoscope de contrebande. Ce faisant, il commet une contrefaçon délictueuse. Son bureau de New York l’ayant mis à portée d’Edison, celui-ci comprend qu’il peut maintenant récupérer son préjudice financier global sur le seul Européen facile à poursuivre : Georges Méliès et sa filiale américaine. Commence alors une interminable suite de procès, qu’Edison mène aussi contre un nouvel arrivant français : Pathé frères, et des producteurs américains. Les adversaires d’Edison préfèrent alors passer un accord avec lui, qui met fin aux poursuites en stipulant que les copies contrefaites seront exploitées par Edison en compensation de son préjudice financier. C’est ainsi qu’Edison obtient l’exploitation de plusieurs centaines de copies du Voyage dans la lune, un manque à gagner important pour la Star Film.

Problèmes financiers et Première Guerre mondiale : 

Georges Méliès ne parvient cependant pas à rivaliser avec les sociétés à production élevée, ce qui lui fait dire avec amertume : « Laissons les profits au capitaliste acheteur et marchand soit, mais laissons au réalisateur sa gloire, ce n’est pas trop demander, en bonne justice ».

En 1911, Pathé devient le distributeur exclusif de la « Star Film » et prend progressivement le contrôle éditorial sur les films.

 

Voici comment sa petite fille, Madeleine Malthête-Méliès, relate en 1961 cette période :

« Méliès cessa toute activité cinématographique en 1913.
C’est en mai de cette même année qu’il perdit sa femme et resta seul avec ses deux enfants, Georgette, née en 1888, dont je suis la fille, et André, né en 1901.
Il ne pouvait disposer de ses fonds comme il le voulait à cause de son fils mineur dans la succession.
Il se trouvait donc dans une situation financière extrêmement embrouillée lorsque la guerre de 1914 éclata.
Le théâtre Robert-Houdin qui était devenu un cinéma avec séance de prestidigitation le dimanche seulement fut fermé dès le début des hostilités par ordre de la police
 ».

Les Cartes vivantes – Georges Méliès

De 1915 à 1923, Méliès monte, avec l’aide de sa famille, de nombreux spectacles dans l’un de ses deux studios cinématographiques transformé pour l’occasion en théâtre.

En 1923, poursuivi par un créancier, il doit revendre à Pathé sa propriété transformée en cabaret d’opérette et quitter Montreuil. « Toutes les caisses contenant les films furent vendues à des marchands forains et disparurent. Méliès lui-même, dans un moment de colère, brûla son stock de Montreuil » selon Madeleine Malthête-Méliès.

Ses films sont alors en majorité détruits (notamment fondus pour en extraire l’argent) ou vendus (récupérés au poids et transformés en celluloïd pour les talonnettes de chaussures destinées aux Poilus).

Paradoxalement, et c’est là une ironie de l’histoire qui aurait beaucoup plu au réalisateur du Voyage dans la lune, ce sont les copies piratées ou confisquées de ses films, retrouvées plus tard quand enfin les chercheurs se sont intéressés à l’histoire du cinéma, qui ont permis de sauver la plus grande partie de l’œuvre du maître.

 

Fin de vie : 

En 1925, Méliès retrouve une de ses principales actrices, Jeanne d’Alcy (de son vrai nom Charlotte Faës, dite Fanny). Elle tient, dans la gare Montparnasse, une boutique de jouets et de sucreries.

Ils se marient et s’occupent ensemble de la boutique.

C’est là qu’il est retrouvé en 1929 par Léon Druhot, rédacteur en chef de Ciné-Journal (revue de cinéma abandonnée en 1938), qui le fait sortir de l’oubli.

Les surréalistes découvrent alors son œuvre.

Claude Autant-Lara, dans ses mémoires, La Rage dans le cœur (1984, décrit Méliès quand il était devenu simple vendeur de bonbons.

Cette partie de sa vie a d’ailleurs inspiré le livre L’Invention de Hugo Cabret, écrit par Brian Selznick), devenu depuis un film éponyme, réalisé par Martin Scorsese et sorti en 2011.

En 1932, il est placé au château d’Orly, maison de retraite de la Mutuelle du cinéma, il y termine sa vie en compagnie de son épouse.

Il meurt d’un cancer le 21 janvier 1938, à l’hôpital Léopold Bellan à Paris.

Il repose au Père-Lachaise à Paris, 64° division.

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